A cet instant, je compris la raison de la rencontre avec cette personne que j'avais tant aimée, je compris également pourquoi j'avais dû me retrouver sur ces lieux du passé qui, pour moi, étaient toujours présents. Rien ne s'est perdu. J'étais presque prête à prendre l'autre voie mais il me fallait encore du temps pour m'alléger de ces choses du passé que je ne voulais pas perdre mais qui m'encombraient.

    Il me fallait ne plus culpabiliser de n'avoir pu aimer ces personnes comme il se devait. En fait, ce n'était pas ce que l'on me demandait, je les avais fait souffrir mais également aidées à se retrouver, à mieux se connaître, et à se rapprocher de leur source.

- Lève-toi et marche me criait une voix. Il est temps d'essayer l'autre route.

    Je marchais déjà avec plus de conviction mais je fus rapidement essoufflée.

- Continue me dit-on et nous t'accorderons un don. Lâche prise et tu parcourras des kilomètres sans même t'en rendre compte. Fais l'expérience du don de soi et marche pour la bonne cause. Trouve ta propre cadence, n'essaye pas de suivre celle des autres, mais que chaque jour te permette de dépasser tes propres limites. Pour qu'une chose soit possible, il est nécessaire que tu y croies. Visualise ton champ de limite. Agrandis en pensée le terrain sur lequel tu sèmes et n'oublie pas que ce que tu sèmes pour toi, tu le sèmes en même temps pour autrui. Si tu voyais avec notre perception, tu verrais que tu travailles sur plusieurs plans. A propos, me dit Hilarion, je t'avais promis un don si tu franchissais une certaine étape. Le voici.

 Il me transmit un stylo en me déclarant :

- Tu écriras un livre, c'est ta mission que je te révèle à cet instant. Tu dois l'écrire dans l'amour et y transmettre tes enseignements. Puisque tu possèdes le don de l'écriture, sache également que tout en dormant tu inspires d'autres âmes inconnues en quête d'inspiration. Ton inspiration vient nourrir l'égrégore d'inspiration créé par d'autres auteurs. Plus il y a de gens inspirés, plus il sera aisé à de futurs écrivains de se brancher sur la longueur d'onde qui convient. Comprends-tu maintenant comment ta participation contribue à agrandir cet égrégore ? Ce principe vaut également pour les personnes malsaines. Les colères se font à présent plus fortes. Lorsque la terre se soulève, elle le fait avec plus de véhémence qu'auparavant car de plus en plus de gens ont nourri ce champ de colère. Prends garde à toi, car il n'est plus de gris en ce monde. Il y a du blanc et du noir. Les chances de pouvoir s'élever sont plus grandes de par le fait qu'il faut transcender le noir des ténèbres pour y voir la clarté. C’est d’ailleurs ce que tu fais en ce moment, tu travailles tes brèches, tes points faibles pour te renforcer. Tu es mise face à tes faiblesses afin que tu en fasses de l’alchimie spirituelle. Quoiqu'il en soit, développe tes dons et encourage tes frères à en faire de même. Alors la chaîne d'amour se fera scintillante et il y aura moins de malheureux. Chacun des maillons de la chaîne tiendra une clé qu'il suffira de libérer en faisant l'expérience du détachement et du lâcher prise. Lâcher prise, c’est se donner entièrement en faisant confiance, en suivant ses intuitions et en acceptant les transformations intérieures qui s’opèrent en tout être à la recherche de la vérité.

C’est également suivre la voie suprême, celle qui mène à sa nature profonde, à la source de l’être non encore dénaturé par les tentations omniprésentes, en ce monde où l’argent régit les hommes et les rend avides. Pour beaucoup, la vie n’est que course contre la montre afin d'alimenter une ambition mal placée car, au service de la société de consommation. Le progrès technique est positif en soi mais beaucoup d’êtres, qui souhaitent un retour à la nature, se sentent engloutis, avalés par une roue qui les emporte loin d’eux-mêmes. Ils travaillent trop et n’ont plus ni le temps, ni l’énergie suffisante pour travailler sur eux ; la quête de l’argent supplante la quête de l’être profond. L’état demande trop et marginalise les voies spirituelles.

    Je pris un cahier et y inscrivis les premières lignes que j'eus l'impression d'écrire pour l'humanité entière. Quelle sensation de bien-être ! Je venais de découvrir un autre but que celui de découvrir mon ombre : servir, être au service des autres. Je compris que pour recevoir il fallait d'abord donner.

    Je voulais donner tant et plus mais ne pouvais donner ce que je n'avais pas. Cela me donna l’envie d'avoir encore plus à donner et de me perfectionner d'avantage ; de continuer ma quête sans poser la question de savoir où était mon ombre. Désormais, je me sentais utile. Ma voie venait de m’être révélée. Il y avait autre chose que l'enseignement des langues, il y avait l'enseignement tout court.

    Et je devins une élève assoiffée de connaissance. Apprendre pour donner tel aurait été le sigle de l'école fondamentale que j'aurais créée. Mais ne rêvons pas sinon l'ego reprendra du poids alors qu'il venait de s'affiner un peu et devenait un peu plus conscient du poids qu'il lui restait à perdre.

Plus on avance, plus on se rend compte qu'on ne sait pas. Comme disait Jean Gabin : à l’automne de ma vie, je sais, que je ne sais pas. C'était encore un pas supplémentaire.

    Au moment où je pris conscience de l'intensité du terme connaissance, je ressentis comme une petite tape sur l'épaule droite. Mon guide réapparut.

- N'oublie pas une chose me dit-il, apprendre c'est bien, méditer c'est mieux.

- Méditer sur la manière la plus efficace de trouver mon ombre ? lui demandai-je.

- Lorsque tu auras médité suffisamment ton ombre, tu l'auras retrouvée.

- Comment méditer ?

- Envoie de l'amour.

- A qui ?

- As-tu oublié certaines leçons passées ?

- C'est vrai lui dis-je, si j'envoie des pensées d'amour, elles rejoindront d'autres pensées de même nature. Ce nouvel égrégore irriguera et nourrira la terre entière. Mais où trouver cet amour ?

- En toi me dit mon guide, au fond de toi. Prends le téléphone et téléphone-toi.

    Se téléphoner me semblait une absurdité. Mais à présent, plus rien ne m'étonnait alors, pourquoi ne pas essayer. Si je me téléphonais, qu'aurais-je à me dire ? Bon, j'essaye. A propos, quel est mon numéro de téléphone ? J'en fais un au hasard. Aucune réponse. C'est vrai, j'avais oublié que le hasard n'existe pas.

    Alors je décidai de former le 26.06.19.61. correspondant à ma date de naissance. Cette fois, j'entendis un raisonnement sourd. C'était déjà un bon début. Mais la ligne n'était pas encore claire. Normal me dis-je mon esprit ne l'est guère plus.

Ce doit être le doute qui me rend sourde. Croire en ce que l'on fait me semble primordial. Il me faut agrandir mon champ des possibles pour avoir accès à un plus grand nombre de fréquences. Pourquoi vouloir à tout prix des certitudes. À trop vouloir se nourrir de certitudes, on régresse.

    Cette fois, je recomposai le numéro tout en étant persuadée que la ligne serait claire. Et en effet, les réponses furent très claires, elles résonnèrent même de partout. Elles me venaient par la bouche et par la pensée en même temps. De la véritable télépathie. A présent, j'étais à l'écoute de moi-même et je pouvais raccrocher ce téléphone qui ne faisait que m'encombrer.

    Lorsque l’on croit quelque chose possible, on écarte les limites du possible et on tend vers l'infini. Tel était le message clairement capté.

­- Suis-je reliée à l'infini ?

- Tu es éternelle.

- Me trouves-tu belle intérieurement ?

- Je ne souhaite pas communiquer avec ton ego, repasse moi Karin.

- Mon ego m'a interrompue ; je lui pardonne cette interférence car c'est la meilleure des choses à faire pour qu'il ne m'interrompe plus, n'est-ce pas ?

- Si tu veux qu'il n'apparaisse plus, parle-lui car il fait encore partie de toi et parfois, te couvre les yeux, et t'empêche ...

- De voir mon ombre.

- Tout juste. Alors passe le moi.

- Pourquoi es-tu la, ego ?

- Parce que tu me nourris. Quand tu manques de confiance en toi, je gonfle. Mais quand tu es à ton écoute, je diminue. Quand tu veux te faire passer pour quelqu'un d'autre, pour gagner l'admiration d'autrui, je gonfle.

Quand tu te vides du superflu, je diminue. Je n'ai pas envie de devenir nain, alors je cherche les failles en toi pour mieux m'y glisser, mon enfant.

- Les failles ?

- Oui, les fissures ; interroge la montagne elle t'expliquera. La couleur blanche me fait diminuer, la couleur noire me fait grossir poursuivit l’ego. Lorsque je suis là, tu es pauvre et je m'enrichis grâce à toi. Mais tu as encore besoin de moi. Je ne deviendrai nain que lorsque tu auras retrouvé ton ombre.

- Que feras- tu alors ?

- Je ne suis pas uniquement avec toi. Heureusement, d'autres me nourrissent également. J'ai des frères que tu nourris aussi forcément. Je me nourris d'impuretés.

- Es-tu mauvais ?

- Rien n'est forcément mauvais ou bon. Comment reconnaîtrais-tu le jour, si tu ne connaissais la nuit ?

- C'est gentil de me répondre comme cela car cela ne te profitera pas. Il est des lois que nous ne pouvons transgresser. A toute question juste et posée à bon escient, nous sommes tenus de répondre. Je te quitte à présent ; va à l'essentiel.

    Cette fois, je pus dialoguer avec moi-même sans interférences. Tu vois me dis-je, les cannes ne servent qu'à ceux qui ont du mal à marcher, mais elles sont également parfois nécessaires pour les convalescents. L'ego est un frein, mais y en a-t-il d'autres ?

- Oui, l'absence de repères me répondit-on. Tu veux prendre tes parents comme repères mais ils sont différents. Ils sont également ici pour apprendre, et leurs repères ne sont pas toujours justes, même si tu leur dois du respect. Ils te servent d'outil mais sont différents.

Leur chemin aussi. Il te sera peut-être pénible d'apprendre que tu n'as que toi comme repère et ton ombre.

- Quelle est la différence ?

- Elle n'a plus besoin de canne. Regarde au fond de l'océan. En surface, l'eau est trouble mais au fond, elle est limpide. Ses poissons ne viennent en surface que lorsqu'ils sont nourris. En surface, ils ne sont nourris que par des appâts, alors que leur véritable nourriture est dans le fond.

- Mon fond est-il profond ?

- Immensément mais lorsque tu sauras nager comme un poisson, tu ne te noieras plus car tu feras Un avec l'eau. Il faut descendre prudemment, par paliers, comme le font les plongeurs, sinon tu prendrais trop de risques. Lorsque tu ne feras plus qu'Un avec l'eau, tu pourras également arroser la terre et ne faire qu'Un avec elle. Tu seras capable d'éteindre les feux trop ardents. Tu pourras respirer en haut comme en bas. Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Tu peux apprendre partout. Va voir sur la montagne !

- Je n'aime pas trop les montagnes, elles me donnent le vertige.

- Alors il est encore trop tôt pour trouver ton ombre. Regarde ce qui en toi te donne le vertige. Le vertige, c'est la peur des hauteurs et il faut vaincre cette peur.

- Dois-je escalader des sommets ?

- Pas besoin, lève la tête et opère un décompte alphagénique.

­- Un quoi ?

- Tu te détends et tu comptes à rebours en n’oubliant pas les étapes préliminaires que tu auras prises soin d'écrire pour ton information et celle de tes frères. Ne rien craindre et croire. Si tu es prête, tu monteras ; sinon, nous remettrons l'expérience à plus tard.

(http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre12858.html : karin Malfait)


Par laurent
Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 13:02

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