Eveil Spirituel

La notion d'éveil spirituel appartient principalement au langage New Age, bien qu'elle exprime un phénomène ancien dans l'histoire des religions (voir, pour le bouddhisme, Bodhi). Le terme est une traduction de l'expression anglaise spiritual awakening fréquemment utilisée dans la littérature spirituelle moderne d'Amérique du Nord.

Cette notion évoque l'émergence d'une conscience nouvelle dans l'existence d'un être humain. L'éveil spirituel, qui ne pourrait par nature être totalement défini par les mots, est associé à d'autres concepts comme la réalisation du Soi, l'illumination, l'extase mystique, la connaissance spirituelle, le ravissement de la conscience qui s'ouvre à une réalité transcendantale, ou encore le sentiment de communion avec l'Univers ou avec la divinité

Le sociologue n'aborde pas la notion de la manière dont le fait l'initié d'une école philosophique ou spirituelle. De manière générale (il existe quelques exceptions en sociologie comme Edgar Morin, René Barbier ou Éric Forgues, sociologues qui témoignent de leurs propres expériences spirituelles en utilisant cette expression), la formule utilisée pour désigner ce concept est état modifié de conscience. Certains, comme Danièle Hervieu-Léger, parlent de "la plus haute conscience de soi".

L’éveil spirituel, tel qu'il est défini dans certains courants mystiques de l'hindouisme (Samadhi) ainsi que du Bouddhisme (Bodhi) ou du Christianisme (voir la Conversion religieuse), représente l'aboutissement d'un engagement personnel sur une voie spirituelle. Une ascèse physique, morale, intellectuelle, conduit le pratiquant à une émancipation radicale (ataraxie, apatheia) propice à l'éveil spirituel : toutefois, celui-ci peut aussi survenir brutalement (courant Zen Rinzai, révélations d'ordre mystique).

C'est en effet l'expérience renouvelée du monde ou des vérités supérieures qui s'offre alors à la conscience libérée, qui mérite le nom d'éveil spirituel. Cette expérience bouleversante est souvent décrite dans différentes traditions (hindouiste, chrétienne, notamment) comme une "seconde naissance".

Jiddu Krisnamurti est probablement le penseur moderne qui a le plus répandu la notion hors du cadre religieux, par le fait même qu'il se disait opposé à la religion.

Dans son essai de 1784, Qu'est-ce que les Lumières ?, Emmanuel Kant évoque une émancipation similaire à celle que décrit Krisnamurti : "Les Lumières, c'est la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable. L'état de tutelle est l'incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d'un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s'en servir sans la conduite d'un autre. Sapere Aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières."

L'éveil spirituel se rapporte alors à la fin de l'asservissement commun à une vision erronée, aux conditionnements et automatismes de la condition humaine. Il existe une analogie avec l'allégorie de la caverne de Platon.

 
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